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Birmanie : l'ONU craint l'extermination de la minorité musulmane.

massacre musulman birmanieDes enquêteurs des Droits de l'Homme de l'ONU ont appelé à mettre un terme à la violence sectaire mortelle en Birmanie. Le massacre a déjà provoqué de nombreux morts, et plus de 22 000 de réfugiés. L'ONU s'inquiète pour la minorité musulmane et appelle l'Etat birman à rétablir une paix. Un effort vers lequel le pouvoir birman ne semble pas oeuvrer, à vrai dire il est le principal moteur de la répression envers la population musulmane en Birmanie.

Vive inquiétude de l'ONU sur la survie de la minorité musulmane birmane

Une commission d'enquête des Nations Unies a demandé à l'Etat birman de ne pas utiliser le conflit comme un prétexte pour éliminer la minorité musulmane, les Rohingyas, mais au contraire de les protéger. Selon le dernier bilan officiel, près de 89 personnes ont été tuées dans des affrontements entre les Rakhines, bouddhistes, et les Rohingyas, dans l'Ouest de la Birmanie en l'espace de 10 jours.

La plus grande crainte des experts d'Organisations internationales, est l'extermination de la minorité musulmane. Dans un communiqué, ils ont exprimé leur « profonde inquiétude à propos de l'affirmation du Gouvernement et d'autres citoyens birmans, sur le fait que les Rohingyas sont des immigrants illégaux, des apatrides ».

Cette crainte d'une possible extermination, s'explique par les violences envers les musulmans, mais aussi les demandes de citoyens birmans auprès des autorités de les expulser. Plusieurs manifestations avaient été organisées, notamment par des moines bouddhistes, pour demander au Gouvernement d'expulser les Rohingyas qu'ils considèrent comme illégaux. Rappelons que les Rohingyas sont considérés par l'Etat birman comme des clandestins, suite au vote d'une loi totalement discriminante bafouant leurs droits et leurs libertés.

L'Etat birman à l'origine des discriminations envers les musulmans

Le Gouvernement birman doit impérativement prendre des décisions s'il souhaite la paix, et le respect des libertés de chacun de ses citoyens.
Il faudrait commencer par s'attaquer à une discrimination endémique de longue date dont sont victimes les musulmans. Une discrimination qui existe au sein-même des administrations et des institutions. L'Etat est responsable de cette discrimination, qui a amené des citoyens à s'en prendre aux musulmans, sous prétexte qu'ils n'aient pas de droits.Les citoyens, notamment les Rakhines, ethnie majoritaire en Birmanie ne se gênent donc pas pour poursuivre l'oeuvre odieuse de leur gouvernement et opprimer les musulmans. Les Rohingyas ont dénoncé les Rakhines qui brûlent leurs habitats, et les attaquent. Selon l'ONU, plus de 97% des réfugiés qui ont du fuir les violences sont musulmans.

Rita Izsak, experte indépendante des Nations Unies sur les questions des minorités, estime que la minorité Rohingyas doit être protégée conformément aux normes internationales relatives aux droits des minorités. Et cette protection doit provenir de l'Etat. «Le gouvernement doit prendre des mesures pour réviser les lois et les procédures afin de fournir l'égalité d'accès de la communauté Rohingya à la citoyenneté et à promouvoir le dialogue et la réconciliation entre les communautés», affirme l'experte.

Alors que le nombre de réfugiés ne cesse de s'accroitre et que les violences perdurent, l'Agence pour les réfugiés des Nations Unies appellent les autorités birmans à agir afin de rétablir l'ordre et la paix. Un appel aux pays limitrophes a été lancé par l'ONU afin de les encourager à soutenir et accueillir les réfugiés musulmans qui affluent. Mais sans une décision étatique concrète de cesser ces discriminations et d'alimenter la haine envers ses propres citoyens, le massacre continuera. Selon l'ONU, les Rohingyas représentent l'une des minorités les plus persécutées au monde. Un massacre malheureusement si peu médiatisé. Ne les oublions pas dans nos prières.

Que Dieu leur vienne en aide.

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